MAISON DE L'EUROPE DE NIMES ET SA REGION ET MOUVEMENT EUROPEEN FRANCE-GARD
La Lettre Europe Novembre2011
EDITORIAL
« Unis dans la diversité » telle est la devise de l’Union européenne, une devise chargée de sens. Aujourd’hui oubliée par plusieurs de nos dirigeants européens. Oubliés, rejetés les plus démunis des citoyens européens par le projet de réduction drastique du PEAD, le Programme Européen d’Aide pour les plus Démunis. En pleine crise économique et institutionnelle, cela met sous les feux de la rampe les reproches habituels (et souvent injustes) faits à l’Union européenne : antisociale, bureaucratique, déshumanisée, ... Jusqu’à cet été ce programme n’était connu que des associations caritatives. Aujourd’hui il fait la première page des journaux (voir l’article page suivante). Or ce n’est pas l’Europe mais certains gouvernements d'Etats membres qui mettent à mal la solidarité européenne. Où est la solidarité européenne quand un Etat décide d’aller devant la Cour de Justice de l'Union Européenne pour faire annuler le budget du PEAD? Sur le plan juridique et comptable, il a tout à fait raison – le PEAD ne repose plus sur la distribution de surplus agricoles, qui ont presque disparu, et son rattachement au budget de la PAC est donc contestable - mais sur le plan humain ? Quand on met au point des plans d’aide financière à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal en milliards d’euros, comment les européens les plus pauvres (et les autres aussi) peuvent-ils comprendre que l’Europe supprime brutalement l’aide la plus indispensable, la nourriture, à ceux qui en ont le plus besoin? Où est la solidarité européenne quand 6 Etats membres bloquent les efforts pour trouver une solution? Les ministres de: Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Danemark, Pays-Bas et République tchèque forment à eux seuls une minorité de blocage au Conseil de l'Union européenne alors que la Commission, le Parlement et la majorité des Etats se sont massivement prononcés pour une réforme du PEAD pour permettre sa poursuite. Malheureusement le PEAD n’est que l’exemple le plus criant et le plus révoltant de la crise que nous traversons. Nous savons que, si nous voulons sortir les Européens, l’Europe et l’euro de la crise, cela ne pourra se faire que par le haut, vers plus d’Europe. Lors de l’Université d’automne des Maisons de l’Europe puis à celle du Mouvement Européen, tel était le discours de chaque intervenant quel que soit son domaine de compétence ou son appartenance politique. Mais au contraire de « plus d’Europe », nous voyons beaucoup de nos dirigeants des pays européens tentés par le repli sur soi, aller vers davantage d’intergouvernemental au lieu de davantage de méthode communautaire. On le voit sur les grands dossiers en cours comme la réforme de la PAC. Plus grave encore, nous voyons ressurgir dans plusieurs pays une montée des nationalismes que les dirigeants écoutent d’une oreille favorable. La crise de l’euro est passée d’une crise budgétaire à une crise financière, et maintenant une crise politique et sociétale. Nous devons, plus que jamais, défendre les valeurs de l’Union européenne et faire vivre notre devise « Unis dans la diversité ». Charles Antoine Roussy, président du Mouvement Européen Gard
Charles Antoine Roussy, président du Mouvement Européen Gard
SOMMAIRE
p. 2 : Le programme européen d’aide aux démunis
p. 2 à 6 : Université des Maisons de l’Europe
p. 6 à 8 : Tourmente économique et financière
p. 8 - 9 : Université du Mouvement Européen France
p. 10 – 11 : L’esperanto
p. 12 à 14 : Brèves d’Europe
p.15 : Présidences et capitales de la culture tournantes